-Suis-je condamnée à finir toutes mes journées de travail avec du plomb à la place de sang dans les jambes? 
(Et de rire quand ma mère affirme "ah mais qu'est ce que tu crois, on travaille nous aussi!" Oui! Sur une chaise! Moi debout, moi courant partout. Moi montant souvent les escaliers. Moi passant presque chaque minute à me baisser et me relever. Moi devant sourire alors que parfois moi envie de jeter des livres à la tête des gens...)

-Pourquoi j'ai pas fini mes partiels? Pourquoi il m'en reste un à ne pas me louper? J'en ai marre de réviser mais j'ai pas envie de me louper. Pourquoi j'ai été si étonemment bonne, au lieu de mon habituelle médiocritée. Ca me fout la pression, la peur de tomber de l'état de grâce...

-Pourquoi ma soeur, mes cousines et le monde entier ont décidé de me donner l'image de moi d'une fille socialement inadapté? Mais je leur c*** dessus avec leurs dégradantes et anti-romantiques façons de faire qui me font néanmoins passer pour une sainte nitouche ou je ne sais quoi. 

Je sais TRES BIEN que je ne suis pas née à la bonne époque, pas née dans le bon monde tout court en fait, et de toutes les concessions que je peux faire, je crois que mon corps m'a prouvé que je ne pouvais pas mentir sur mes sentiments sous peine de me sentir mal à l'aise. Sous peine de me sentir sâlie. 

Je crois pas que ça fasse ça aux autres filles. Quoique non. Stop. Rembobine. Bien sur que ça leur fait pas ça, la plupart sont shootée à l'alcool. Cela m'inspire quelque chose au sujet de la lacheté. Mais bon, je suis lâche aussi, à ma façon. Alors bon...

Faites pas attention, je suis dans ma crise sous fond de rock emo, je devrais arrêter de fréquenter des gens casés ou déja parents... Ce qui excluerait... 99% de mes relations. 
J'ai l'impression que ce que le métier pour lequel je bosse est largement sousévalué par l'humanité. Métier quej'ai MOI-MEME sousévalué quand j'étais plus jeune et que j'aurais SANS DOUTE continué à sousévaluer si je ne m'y étais pas interessé de plus prés. N'empêche, voila ya des jours comme ça  où on a l'impression que sa vie se dirige vers un trou noir et où on se sent TRES LARGEMENT INCOMPRIS.

Je ne supporte presque plus les couples. (Ouais, non, plus tout court, du moins les petits copains en questions. Les filles qui vont avec c'est mes proches, c'est en général moi qui les aient choisies).
Je ne supporte plus les gens qui me regardent comme si j'étais une chose sans importance au travail qui n'a droit qu'à un bref retroussement de lèvres. Je ne supporte plus les gens qui me rendent les livres dans des états indescriptibles. MAIS MERDE C'EST QUOI CETTE SUBSTANCE MARONNATRE ET GRASSE SUR LA COUVERTURE DU LIVRE?!?! VOUS ALLEZ ME NETTOYER CA ILLICO! Ce que j'aimerais leur dire mais à la place de ça je cache mon dégout, je prends le produit nettoyant et une tonne de papier pour nettoyer ça moi-même avant d'aller me laver les mains pour la sixieme fois de la journée.

Je suis en train de penser que si ce travail commence à me tapper sur le systeme c'est que je m'occupe que des basses besognes qui nous apportent rarement reconnaissances et fierté. J'épargnerais la vision qui me vient à l'esprit car de temps en temps il arrive qu'on ait vraiment l'impression d'avoir AIDE quelqu'un.
Bon aprés c'est sur que sans chanson émo et autoappitoiement de moi, il y a bien pire que de faire ce que je fais. La prochaine fois que je serais sur le point de pêter les plombs, je penserais aux caissières, je penserais aux agents de propreté... Et je penserais que moi au moins je ne gagne pas mon argent en faisant du mal aux gens.

Si j'étais une fille normale, je vous raconterais comment je suis trop triste de pas avoir vu mon petit copain depuis une semaine, comment je suis sortie avec mes copines dans les bars ou les boites de nuit, comment j'ai failli rentrée saoule, tout ça en ponctuant mon discours de LOL ou d'un langage vulgaire, et je continuerais sur mes nouvelles robes/chaussures/Maquillage/coupe de cheveux/bijoux/sac tout en discourant sur mon nouveau régime au chou de bruxelle.
Mais comme je suis pas une fille normale je parle pas du tout de garçon. Le "garçon" en tant que proix potentielle est inéxistante dans ma vie, il n'y a que des amis ou des figurants et je vous parle de livre, d'histoires, d'anime, de jeux vidéos, de dessins, de coutures... Mes sorties se limitent au cinéma et aux dinés qui finissent traditionellement SOIT en discussion SOIT en jeu de société. ET COMBLE DE TOUT CA JE FAIS DES ETUDES POUR DEVENIR BIBLIOTHECAIRE.  
Bref, à 23 ans, on m'en donne 26, j'ai la vie d'une cinquentenaire, bien que ma mère soit plus active que moi. Disons donc sexagénaire, ce qui semble présager que je finirais vieille fille.

Comment vous dire que tout cela me donne horriblement envie de pleurer et de regretter, malgrés le mépris quelque peu visible dans le paragraphe correspondant, que je préfererais être une fille normale, globalement écervelée, artificielle mais qui n'aurait pas la moindre sombre idée de ce que pourrait être une fille pas normale et donc ne se prendrait pas la tête là dessus.

Bon là je crois qu'il me reste plus qu'à me mettre Anaïs pour terminer en beauté.

JE HAIS LES COUPLES QUI ME RAPELLE QUE JE SUIS SEULE!!!      

Mimiko.