Est ce que c'est ça être adulte?
Accepter les choses avec fatalité, tout en essayant de garder le sourire?
Ou alors c'est simplement être raisonnable.
Je suis raisonnable exterieurement, mais à l'interieur je me sens tout juste triste.
Parce que je n'aime pas le changement. Parce que le bateau que je suis à juste commençé son lent changement de cap et que tel un âne têtu j'aimerais faire marche arrière.
Mon petit cocon va être détruit et je serais là pour assister à ça. Ma tour d'Ivoire va être ébranlée et je vais devoir me défénestrer.
Evidemment, mon monde interieur sera toujours là vu qu'il vit dans mon coeur et se déplace aux mêmes endroits que moi. Mais cette chambre m'AIDAIT à rêver. Elle a toujours été le lieu rassurant où je pouvais me réfugier. C'était le petit nid que j'avais construit brindilles par brindilles. Les autres ne l'aimaient peut être pas, trop en pagaille le plus souvent, pas unie, ma mère disait qu'elle avait l'impression d'être dans une brocante; mais moi elle me plaisait comme elle est.
Elle va être déposédée de ses posters, l'autel à Heero: oublié, la tapisserie recouverte d'une épaisse et grasse couche de peinture blanche. BLANCHE!
Ce ne sera déja plus ma chambre, ce sera déja celle d'un ou d'une autre.
Et je viens d'apprendre que cela sera fait dés la semaine prochaine. Oh j'en pleurs interieurement de dépit. Dire que je vais devoir passer mes nuits dans cet endroit pendant plusieurs mois.
Dire que des inconnus rentreront dans cette chambre en se l'appropriant, en se disant: "celle là ce sera la mienne! Ah je mettrais pas mon lit là et il faudra refaire la tapisserie, cette peinture est moche!"
Quoiqu'en en dise, pour moi, les murs ont une histoire: ils sont imprégnés de moi.
Ca y est je déprime. Bizarement, quand maman m'avait dit qu'on déménagerait qu'en 2009, j'imaginait ça trés loin. Mais en fait, normalement, en juin prochain, je quitterais cet endroit pour toujours.
Je l'entend rire, faire des projets et moi je ne peux m'empêcher d'avoir du chagrin.
J'aime cette maison.
Le gateau au chocolat avait un gout amer.
Mimiko.
