La fille qui se tenait au bord du trou et qui hurlait aux lumières de la nuit "pourquoi je vis si personne n'a besoin de moi?!"
Gling Gling
Un bruit de clochette
Une plume
Il m'arrive trés souvent de me sentir bizarre, comme si je contemplais le profond trou noir de ma dépréssion sans y tomber. Dans ces moments là, je me sens trés vide.
Peut être que dans ces moments là la porte est completement fermée et que je suis moi, l'être née pour devenir basiquement un humain comme tous les autres. Et que dans ces moments je constate que "Alicia" est vide... Hmm... Ca doit être un peu plus compliqué que ça...
Déja j'avais horreur de différencier Mimiko et Alicia lorsque je parlais aux psys, parce que Mimiko est aussi Alicia et Alicia est aussi Mimiko... Ce n'est pas un cas de schizophrénie. Mimiko est celle que je suis d'un côté de la porte, Alicia est celle que je suis de l'autre côté... Un truc comme ça.
Je pense que c'est plutot parce ma vie est faite de 60% de rêve impalpable que lorsque mon cerveau cesse de fonctionner pour ça, j'ai l'impression de me retrouver avec rien. Je me demande si ce n'est pas l'image que les autres ont de moi, "la fille qui ne semble s'interesser à rien et qui ne travaille pas pour son futur parce qu'elle a la flemme". Quel personne nonchalente je dois sembler... Au final, je reste une petite marchande d'allumette... Le rêve m'a dévoré, parce qu'à un moment ou à un autre j'ai fuit à l'interieur de celui-ci. J'ai fuit la réalité.
Et pour ma mère je suis celle qui parle toute seule dans sa chambre la musique à fond *rire*.
Enfin, pour en rire, il a fallut que je prenne une décision. Et Alicia restera à tout jamais un personnage qui m'apparaitra vide et que je ne pourrais jamais cerner.
Lorsque je me sens vide comme actuellement, quand ma vie me semble sans interet et vaine, j'ai presque toujours le bruit des grelots et l'image flash d'une plume de ce jour là. Ce jour où j'ai frolé du doigt quelque chose de gigantesque, quelque chose qui aprés coup restera la peur de ma vie. Ce jour où j'ai compris que quelque chose veillait sur moi et que j'ai eu une chance d'enfer (si je puis me permettre cette expression).
Quoique rien n'aurait dit que j'aurais réussi à me suicider en sautant de cette hauteur, j'aurais peut être juste eu droit à un aller direct à l'hopital et à l'engueulade du siecle.
Quoiqu'il en soit, lorsque j'ai enfin repris mes esprits, je me suis sentie super soulagée d'être encore en vie, même si ma vie ne rimait à rien.
Si je me souviens de ce sentiment, je crois que je peux regarder ce profond trou noir et dire que malgrés tout, malgrés que ça n'ait aucun sens, je vais faire de mon mieux et continuer à voir des choses qui pourront être bien.
Mimiko.
